Je partage un article de l'Express du 11 Mai 2015.
La pédiatre Catherine Gueguen met en avant les conséquences néfastes des paroles humiliantes sur un enfant à la lumière de la science.
Elle évoque essentiellement les cercles familiaux et amicaux, nous pourrions pointer du doigt le système scolaire actuel également avec les mauvaises notes éventuelles, les mauvaises annotations et remarques des professeurs et tant d'autres choses.
Son ouvrage promet d'être une lecture intéressante.
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La pédiatre Catherine Gueguen explique ce
que la science a découvert sur le cerveau des enfants. Et en quoi ces travaux
valident les principes de l'éducation bienveillante.
Pourquoi les nouvelles
connaissances sur le cerveau devraient-elles changer la manière d'éduquer notre
progéniture?
Les chercheurs du XXIe
siècle nous disent ce qui favorise le bon développement de l'enfant: une
relation bienveillante, empathique, soutenante. Car cette attitude permet à son
cerveau, très fragile, d'évoluer de façon optimale. Les liens affectifs
influencent à la fois les capacités de mémoire, d'apprentissage, de réflexion,
mais aussi les capacités relationnelles, les émotions, les sentiments. Ils
modifient la sécrétion de molécules cérébrales, le développement des neurones.
Ils modifient également la régulation du stress, et même la faculté d'agir de
certains gènes. Le psychiatre John Bowlby, décédé en 1990, postulait déjà que
le besoin d'attachement était vital pour l'enfant; les neurosciences l'ont
confirmé ces dix dernières années.
En quoi est-ce une
révolution?
La grande majorité des
parents ont été élevés avec des menaces, sommés d'obéir sous la pression du fameux
"Je compte jusqu'à trois: un, deux..." Alors ils banalisent cette
forme de violence, sans imaginer qu'elle a des conséquences psychologiques mais
aussi physiologiques. "Qu'est-ce que tu es maladroit!", "Tu es
infernal!": ces paroles humiliantes, répétées, peuvent détruire des
neurones dans des structures essentielles du cerveau.
Pourtant, ces parents
ont grandi à l'époque Dolto...
Françoise Dolto a eu le
mérite de demander aux adultes de considérer les enfants comme des personnes.
Ce qu'elle ne pouvait pas savoir, à l'époque, c'est à quel point le cerveau
d'un petit est immature. Son intellect est incapable de traiter les longs
discours des adultes. Dolto a recommandé aux parents de s'expliquer sur leur
attitude. Or leurs raisonnements ne sont pas à la portée des enfants. Ces
paroles les angoissent au lieu de les rassurer.
Qu'a-t-on appris,
encore, en observant la manière dont fonctionne le cerveau des enfants?
La science nous montre qu'il
faut cesser de voir un comportement intentionnel dans les colères des
tout-petits. Les "caprices", ça n'existe pas! On qualifie ces enfants
de "tyrans", alors qu'ils ne sont simplement pas capables de gérer
leurs émotions avant 5 ou 7 ans. L'une des grandes découvertes des
neurosciences, c'est que le tout-petit ne peut pas s'apaiser seul. Quand un
bambin de 18 mois se roule par terre, ce n'est pas pour manipuler ses parents,
arriver à ses fins. Il vit une tempête émotionnelle qui le dépasse. Son père ou
sa mère se disent "Il faut rester ferme!" comme s'ils étaient dans un
rapport de force où il faudrait avoir le dessus. Or la question est tout autre.
Il s'agit de se tenir aux côtés de l'enfant pour mettre des mots sur ce qu'il
ressent, le sécuriser, le consoler. Sans pour autant céder à ses désirs quand
ceux-ci ne sont pas justifiés.
Où les parents
peuvent-ils puiser leur bienveillance, quand le monde se fait si rude?
Ils doivent s'entourer
d'un cercle amical et familial lui-même bienveillant. Il faut s'éloigner des
personnes toxiques, à commencer par le conjoint, s'il est maltraitant. Ne pas
"rester ensemble pour les enfants", comme on l'entendait à la
génération précédente. Je recommande aussi aux parents de se former par des
stages ou des livres à la communication non violente [NDLR: voir le site nvc-europe.org], une
méthode qui permet de nouer des relations plus harmonieuses. Et surtout, je
conseille de ne pas s'oublier. Sur mes ordonnances, je prescris des dîners en
tête à tête.
Catherine Gueguen est
médecin à l'Institut hospitalier franco-britannique de Levallois-Perret. Auteur
de Pour une enfance heureuse (Robert Laffont).
Source : http://www.lexpress.fr/styles/enfant/catherine-gueguen-les-paroles-humiliantes-detruisent-des-neurones-chez-les-enfants_1678176.html#tc5G0xWth4xDGiOr.99
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